LES SONS ET LES COULEURS - Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Vraiment ?Dans son sonnet Correspondances (publié en 1857 dans Les fleurs du mal), Charles Baudelaire voit le poète comme un intermédiaire entre la nature et les hommes : la nature est un lieu sacré, immuable et symbolique, symbolique que le poète décrypte par le recours aux synesthésies, ces associations de sensations de nature différente : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »
Il en égrène quelques exemples : odorat et toucher (les « parfums frais comme des chairs d’enfants »), odorat, toucher et ouïe (« des parfums […] doux comme des hautbois »), odorat et vue (« des parfums […] verts comme les prairies ») – outre qu’il attribue aux sens des correspondances avec des qualités morales (d’autres parfums sont « corrompus, riches et triomphants ») .
Et renforce son propos dans Curiosités esthétiques, qui paraît en 1868, où il rend compte, comme un critique d’art essentiellement subjectif, des « "considérations et […] rêveries morales" que l'œuvre plastique fait surgir en lui » et, parlant de Delacroix, écrit : « Puis ces admirables accords de sa couleur font souvent rêver d’harmonie et de mélodie, et l’impression qu’on emporte de ses tableaux est souvent quasi musicale. »
Commentaires
Enregistrer un commentaire