A QUESTION OF LISTENING # 018 - Où la synopsie n’a rien d’Hollywoodien

LES SONS ET LES COULEURS - Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Vraiment ?
Dans son sonnet Correspondances (publié en 1857 dans Les fleurs du mal), Charles Baudelaire voit le poète comme un intermédiaire entre la nature et les hommes : la nature est un lieu sacré, immuable et symbolique, symbolique que le poète décrypte par le recours aux synesthésies, ces associations de sensations de nature différente : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »
Il en égrène quelques exemples : odorat et toucher (les « parfums frais comme des chairs d’enfants »), odorat, toucher et ouïe (« des parfums […] doux comme des hautbois »), odorat et vue (« des parfums […] verts comme les prairies ») – outre qu’il attribue aux sens des correspondances avec des qualités morales (d’autres parfums sont « corrompus, riches et triomphants ») .
Et renforce son propos dans Curiosités esthétiques, qui paraît en 1868, où il rend compte, comme un critique d’art essentiellement subjectif, des « "considérations et […] rêveries morales" que l'œuvre plastique fait surgir en lui »  et, parlant de Delacroix, écrit : « Puis ces admirables accords de sa couleur font souvent rêver d’harmonie et de mélodie, et l’impression qu’on emporte de ses tableaux est souvent quasi musicale. » 
 




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