Articles

Affichage des articles du juillet, 2021

A QUESTION OF WAVE # 063 - La musique quotidienne de notre temps

Image
KRAFTWERK - Trans-Europe Express - 1977 Fin des années 1960, alors qu’ils s’instruisent à la Robert Schumann Hochschule de Düsseldorf, Florian Schneider et Ralf Hütter (le premier étudie la flûte traversière et joue dans des formations jazz, le second approfondit le piano classique et l’orgue électrique et fait partie du groupe amateur The Phantom) discutent improvisation, électronique, musique nouvelle et se mêlent au courant musical et artistique expérimental qui émerge alors en Allemagne – qualifié ironiquement de krautrock (en référence au chou émincé fermenté de la choucroute) par la presse britannique.

A QUESTION OF LISTENING # 006 - Je suis l’as de trèfle qui pique ton cœur

Image
MUSIQUE ET MOTS - Comment interagissent musique et langage ? La frontière entre la parole et le chant est souvent floue et, suivant la façon dont on traite la première, on bascule facilement vers le second : les artistes utilisent pour cela différents procédés, qu’ils soient musiciens, auteurs, poètes ou slameurs. L’un d’eux est la répétition, à laquelle se livre Marc Moulin en 1977, qui a probablement écouté It's Gonna Rain de Steve Reich et en reprend la logique : il s’approprie les trois mots (Mes chers compatriotes – l’inclusivité n’est alors pas encore très chic) par lesquels Baudouin Ier s’adresse aux Belges, les décline à l’envi, y applique de l’écho, une légère accélération de tempo, joue avec les canaux stéréo, et, peu à peu, la voix du roi se met à chanter, à moduler, à créer par elle-même (et par le processus qui la transforme) une petite musique – plutôt obsédante.

A QUESTION OF WAVE # 018 - Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir se dire ?

Image
TELEX - Looking For Saint-Tropez - 1979 Ici, la question de savoir qui chante Ça Plane Pour Moi (Roger Jouret ? Lou Deprijck ?) ne se pose pas : c’est Michel Moers qui tient le micro de cette interprétation languissante et désabusée du hit en apoplexie de Plastic Bertrand – même si, à ses débuts, Telex, qui démarre comme une blague de potaches, ne révèle pas ses visages (pratique, pour des introvertis, bien plus à l’aise en studio que sur scène ), à la manière des Residents qui, même au concert, apparaissent (bien avant la mode virale de 2020) masqués.

A QUESTION OF SOUND # 010 - Des Arts et Métiers de Bruxelles au Marquee de Londres

Image
ESPERANTO - Last Tango - 1975 La chanson est cosignée, comme souvent, Lennon/McCartney, même si c’est surtout de l’imagination de Paul que sort Eleanor Rigby, seul morceau du groupe où ne joue aucun des Beatles – un an plus tôt, sur Yesterday, McCartney accompagne les cordes classiques de sa guitare acoustique –, l’instrumentation étant confiée à deux quatuors (4 violons, 2 altos, 2 violoncelles) – dont les arrangements sont écrits par George Martin, avec une instruction claire de la part de Paul : « percutantes, les cordes, pas sirupeuses ».

A QUESTION OF WAVE # 017 - Du punk au disco, en passant par la petite culotte rouge

Image
BLONDIE - Parallel Lines - 1978 Ça ne plane peut-être pas dans la stratosphère mais, avec Debbie Harry et ses copains, en concert, on s’amuse bien : rock ‘n’ roll énergétique, riffs un peu carrés, jupette de compèt’ et petite culotte (rouge, souvent en cuir de synthèse) sont les ingrédients de base du show, que je découvre au Théâtre 140 à Schaerbeek, ce mercredi 1er février, dont le sas d’entrée déborde sur le trottoir de l’avenue Plasky (orthographié avec « ie » au lieu d’« y » sur l’affiche), d’une foule surexcitée dans laquelle je me faufile, un peu surpris de l’engouement pour un groupe que je trouve sympathique, mais bon, pas décoiffant non plus. Il y a du monde, beaucoup, trop même, au point que, assez vite, ça pousse, ça bouscule et tout à coup les barrières, censées canaliser les flux vers la caisse puis l’entrée de la salle, cèdent, s’étalent sur le sol et nous au-dessus, entre deux, par devers, enfin bref, projetés dans le mouvement et dans le théâtre, bien souvent sans tick...