Articles

Affichage des articles du avril, 2024

A QUESTION OF WAVE # 063 - La musique quotidienne de notre temps

Image
KRAFTWERK - Trans-Europe Express - 1977 Fin des années 1960, alors qu’ils s’instruisent à la Robert Schumann Hochschule de Düsseldorf, Florian Schneider et Ralf Hütter (le premier étudie la flûte traversière et joue dans des formations jazz, le second approfondit le piano classique et l’orgue électrique et fait partie du groupe amateur The Phantom) discutent improvisation, électronique, musique nouvelle et se mêlent au courant musical et artistique expérimental qui émerge alors en Allemagne – qualifié ironiquement de krautrock (en référence au chou émincé fermenté de la choucroute) par la presse britannique.

A QUESTION OF CREATION # 004 - Apolline Jesupret : La texture visuelle du son

Image
  APOLLINE JESUPRET - Compositrice L’idée de cette valse, c’est… Quand on filme une personne qui se tient debout dans une rue, et autour, il y a tous les gens qui marchent, et puis tu mets cette image en accéléré, cette personne reste toujours statique, mais autour d’elle, il y a de l’effervescence, la lumière change, le soleil se déplace. L’idée, c’était d’avoir cette voix immuable, mais autour tellement de choses se passent. C’est par rapport à l’humilité de l’être humain : on croit toujours qu’on est au centre du monde, de la vie en général, on se croit toujours plus important que le reste. Mais le monde autour, il continue et va toujours plus vite que ce sur quoi on a de la maîtrise.

A QUESTION OF WAVE # 052 - De la rue de Manchester à Factory (partie 2)

Image
THE NAMES - Swimming (partie 2) - 1982 The Names enregistre, en août 1980 à Manchester, ses deux premiers morceaux avec Martin Hannett aux manettes du Strawberry Studio – on vient d’en entendre Nighshift. Le single, mixé par le producteur en l’absence du groupe, sort 6 mois plus tard, numéroté Fac 29, entre le Fac 28, flexidisc, titré Komakino, de Joy Division, distribué gratuitement dès mai 1980 auprès des disquaires britanniques et le Fac 30, The Heyday, une cassette d’interviews de chaque membre des Sex Pistols – y compris, selon la pochette mais-c’est-une-blague , de la grand-mère de Malcom McLaren – en décembre 1980 , et à l’art work cartonné classieux (dénué de toute inscription hormis la référence), signé Ian Wright (Peter Saville, le designer attitré de Factory, est alors trop occupé avec le travail pour Orchestral Manœuvres in the Dark, Ultravox et Roxy Music ) . Une cassette témoigne d’un pré-mix plus révélateur de l’intensité sonore du groupe, en particulier sur I Wish I Cou...

A QUESTION OF WAVE # 051 - De la rue de Manchester à Factory (partie 1)

Image
THE NAMES - Swimming (partie 1) - 1982 L’histoire des Names est celle d’un groupe de jeunes gens qui, à Bruxelles à la fin des années 1970, à un moment paradoxal où se crachent des glaviots de bière estampillés No Future en même temps qu’on se jette sur une guitare avec moins de trois accords dans les doigts, sur une batterie avec deux spatules en bois ou sur une basse avec des lignes si simples qu’elles frisent (parfois) l’évidence (Michel Smordynia, qui sort d’un groupe nommé Epsilon , se plaît de la spontanéité candide des siennes – incertain d’utiliser toutes les cordes), des aspirants musiciens, donc, qui se trouvent (autour de la bande à Robert et à la maison de Jeunes de Jette ) pour quelques covers (Velvet Underground, Richard Hell) et, aussi, des compositions personnelles, une rencontre dans la mouvance du punk (son ouverture, sa virulence) mais pas punk.  

A QUESTION OF LISTENING # 037 - Darwin infiltré dans les neurones du musicien

Image
  EVOLUTION ET COMPOSITION - Que fait Darwin dans le cerveau du compositeur ? Dans l’art, certains opposent le spirituel et l’idéal à la matière, mais, au fond, un idéal n’est-il pas toujours réalisé à travers la matière ?  « Le matériau n’est pas neutre, il oriente l’idéal »  ; d’ailleurs, peut-on concevoir une idée musicale sans la rattacher à une matière sonore concrète ? Oui, jusqu’à un certain point ; ainsi, Pierre Boulez explique avoir pensé sa pièce Eclats, par laquelle on a débuté, sur base d’un œuvre hasardeuse de Morton Feldman et bien avant de déterminer la moindre note, comme une façon d’animer des bulles de sons abstraites à partir de corpus résonnants, des coups très brefs à donner ponctuellement sur les instruments, avec des résonnances de longueurs variables. Cette façon de faire correspond à l’hypothèse d’une projection spontanée de formes mentales (vers la réalité) comme une prédisposition essentielle du cerveau humain à la création.

A QUESTION OF SOUND # 041 - Le mécène hollandais, la vieille ferme et le duo antithétique

Image
SUPERTRAMP - Crime of the Century - 1974 En l’absence de télé (réalité) faiseuse d’anges et de réseau social pourvoyeur de viralités (virtuelles), le succès est rarement immédiat dans les années où débute Rick Davies, natif de Swindon, dans le Wiltshire (sud-ouest de l’Angleterre), qui tâte d’abord de la caisse claire au sein du British Railways Staff Association Brass and Silver Jubilee Band avant d’approcher le monde du rock ‘n’ roll en rejoignant, à 15 ans, Vince and the Vigilantes et de s’intéresser aux claviers en autodidacte, formant Rick’s Blues trois ans plus tard, alors qu’il s’investit dans des études artistiques au Swindon College, où il joue du piano électrique Hohner, un temps avec l’irlandais Gilbert O'Sullivan à la batterie.