Contemporain | 78'29 | Pologne | 2019 | **********
En
2000, Krzysztof Penderecki (1933-) déclarait : « nous avons poussé
la musique si loin, dans les années 60, que, même en ce qui me concerne, j’ai
fermé la porte derrière moi, parce qu’il n’y avait, d’aucune façon, moyen de
faire plus que ce que j’avais fait. […] personne n’a fait de la musique plus
progressive. Personne n’a écrit quelque chose de frais et de neuf pour
cordes. » Immodeste ? Venant de celui qui a composé Threnody For The
Victims Of Hiroshima - ce gémissement sonique et atonal aux dévastés de la
bombe atomique, dissonance issue de la plus haute note de chaque instrument (24
violons, 10 altos, 10 violoncelles et 8 contrebasses), chacun supplicié par son
instrumentiste -, on souscrit avec mansuétude. C’est en s’inspirant de
l’atmosphère de son manoir de Lustawice que Penderecki écrit, pour le
corniste Rodovan Vlatkovic, le Concerto Pour Cor - dont le sous-titre
Winterreise est sans lien avec le cycle homonyme de Schubert, point culminant
du romantisme allemand -, utilisant comme rarement les notes basses et
sombres de l’instrument. Le Concerto N°1 Pour Violon succède à l’enchanteur autant
que lancinant Adagio Pour Cordes : d’un lyrisme féroce, aux changements
d’humeur d’une violence virtuose, aux crises extrêmes résolues dans le silence.
En un disque et quatre pièces, le London Philharmonic Orchestra balaie près de
cinquante ans la vie d’un compositeur hors du commun.
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