A QUESTION OF CREATION # 031 - Thomas Van Haeperen : être toujours ouvert à la surprise, à la nouveauté

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  THOMAS VAN HAEPEREN - Directeur musical et pédagogue Bonjour, je m'appelle Thomas Van Haeperen, je suis le fondateur et directeur musical de l'ensemble Sturm und Klang. Je suis né en 1977 à Bruxelles, j'ai fait un parcours musical et philosophique dans les études et puis je me suis lancé en direction d'orchestre. Je suis en même temps musicien, en même temps pédagogue, j'ai aussi une activité de pédagogue, j'enseigne, et la musique pour moi. Ces deux dimensions, pédagogie et activité de concert sont indissociables et la transmission de la musique au public, aux musiciens, aux élèves, c'est vraiment quelque chose de fondamental.

Alexander Noice - Noice



Rock In Opposition | 47’00 | Etats-Unis | 2019 | **********

C’est rare d’être emporté dès les premières notes de la première écoute du premier titre d’un album qu’on entrouvre pour la première fois. Et, quand c’est le cas, le plus souvent, on en sort meurtri car déçu par cet enthousiasme excessif qui, bien sûr, n’a pas pu tenir le poids abusif des promesses exagérées d’un premier souffle outré. Eh bien, c’est à la fois le cas (être emporté) et pas le cas (être déçu) pour « Noice », qui démarre - et ne s’arrêtera pas avant la fin de son huitième titre - sur une rengaine survitaminée autant qu’invertébrée à la The Minnaars (cet invraisemblable groupe anglais - nonobstant son nom néerlandais - qui m’avait scotché en 2009 avant God Is An Astronaut au Out Of The Crowd Festival à la Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette, comme l’avait fait XTC en 1978 avant Talking Heads au Vieux Saint-Job à Bruxelles - les deux jouant sur d’acérés arpèges de guitares monstrueusement énergétiques) mais écrite à la Philip Glass (période opératique « Nixon In China »), avec un relent prononcé de ces fichus ukrainiens dont je ne parviens pas à retrouver le nom (normal, maintenant que ça me revient, ils viennent du Belarus : Rational Diet, mué ensuite en Five Storey Ensemble), mais dont les instruments acoustiques m’évoquaient au Rock In Opposition Festival (Carmaux) les cousins valeureux, hardis et intrépides d’Aranis - le groupe belge aujourd’hui défunt de Joris Vanvinckenroye et Jana Arns. C’est Oranda Records, petit label californien du Sud, qui publie ce chef d’œuvre aux sonorités si profondément personnelles et inimitables, bande son du film qu’auraient enfanté Kubrick et Fellini en dieux fêlés, entre terre et mer, entre synapses et viscères. Oranda, qui rassemble en son sein des musiciens de l’ère "post-Braxton", celle où les styles musicaux grandissent et rapetissent selon un continuum, mêlant racines, branches et feuilles, fleurs et couleurs dans une infinie ambiguïté. Un premier album saisissant. Exceptionnel. Remarquable.

Prog censor

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